Chaque année, la PFA, Filière Automobile & Mobilités, met à la disposition des acteurs de la filière deux enquêtes, sur la qualité des relations client-fournisseur et sur la performance industrielle. Ces enquêtes donnent aux entreprises les indicateurs nécessaires pour identifier leurs plans de progrès. Elles sont également, pour la filière, un instrument de mesure pour prioriser les actions à mener au niveau de la filière et auprès des entreprises, afin d’augmenter la compétitivité de la filière automobile française. Cette année, la PFA a complété ces deux enquêtes par une évaluation de la situation économique et financière des entreprises de la filière de l’industrie automobile, une enquête nationale réalisée par la Banque de France.

Voir la vidéo de la présentation des enquêtes

La qualité des relations client-fournisseur : bilan 2017 et évolution depuis trois ans

L’enquête sur la qualité des relations Client-Fournisseur répond à un besoin stratégique de la filière : un référentiel et une mesure partagés des résultats pour pouvoir engager des actions au niveau de la filière et dans les entreprises. Cette enquête est également un outil solide d’écoute de la voix des fournisseurs.

Cette enquête est conduite sous l’égide de la PFA, en partenariat avec Thésame. Les répondants participent gratuitement et de façon anonyme. Ils sont évalués sur la base du référentiel Peak Collaborative Index (PCI) et du Code de Performance et de Bonnes Pratiques (CPBP). Avec un recul de trois ans, la PFA a engrangé un total de 600 évaluations (issues de grandes entreprises, d’ETI et de PME), lui permettant de disposer du point de vue client et fournisseurs dans l’ensemble des métiers de la filière.

Cette enquête confirme l’impact de la qualité des relations sur la performance de chaque partenaire, que ce soit sur la capacité d’innover, le développement des compétences, l’amélioration de la qualité, l’optimisation des délais et des marges et la gestion des projets communs.

Globalement, la qualité de la relation entre client et fournisseur s’améliore depuis trois ans. Près de 50 % des répondants sont en situation de partenariat et sont engagées dans un processus de collaboration.

Cette enquête est également un outil solide d’écoute de la voix des fournisseurs. Ces derniers soulignent les points positifs de la filière, comme la courtoisie, le respect des règles et principes d’une concurrence loyale et des règles contractuelles et le respect des engagements. Ils estiment que des travaux doivent se poursuivre chez leurs clients, notamment sur les processus de prises de décisions et sur la solidarité en cas de difficulté, mais aussi au sein de leur propre entreprise, qui n’est pas toujours organisée pour favoriser les collaborations en externe. En ce qui concerne les pratiques commerciales, les délais de paiement et le respect de la propriété intellectuelle sont appréciés ; un point d’amélioration est identifié autour de la gestion de début et fin de vie des contrats. De nombreux commentaires spontanés ont été enregistrés depuis trois ans, valorisant notamment la démarche collaborative, l’innovation conjointe, le partage des coûts et de la valeur ajoutée, les démarches qualité et de progrès conjointes et l’engagement dans la résolution de problèmes.

Ces trois dernières années, et ce de plus en plus, les répondants ont fortement réinvesti les résultats de cette enquête dans le cadre de leur entreprise. Près de 90% des répondants de la filière considèrent les informations restituées comme utiles pour progresser sur la qualité des relations client-fournisseur. 25% déclarent avoir engagé des plans de progrès formels pour améliorer la qualité de la relation sur la base des résultats de l’enquête (dynamique et un reporting RSE, journées Fournisseurs, grappes de développement fournisseurs, etc.).

La PFA va poursuivre et renforcer l’accompagnement de ces actions et son soutien de la filière (mise en place d’un nouveau programme d’accompagnement des ETI/PME, développement des compétences avec le programme ACE, poursuite des travaux filière sur l’innovation, développement des grappes, soutien des travaux collaboratifs de recherche et d’anticipation sur le sujet Innovation & Achats), avec pour priorité d’augmenter la compétitivité des entreprises de la filière.

Voir la présentation complète des résultats de l’enquête

Témoignage de Continental et ERPO

En 2014 Continental lance la première grappe automobile en France, regroupant 56 fournisseurs français. Trois volets d’actions proposés aux fournisseurs : Excellence industrielle en 2015, Innovation & International en 2016 et Agilité-Confiance (orienté sur la qualité de la relation client-fournisseur) en 2017.

« En renforçant nos fournisseurs, nous nous renforçons », souligne Patrice FOULON, Directeur des Achats de Continental Automotive. « Cette grappe est une nouvelle façon de renforcer les relations clients fournisseurs. En tant que tête de grappe, Continental fédère le programme et conduit des actions collectives sur différents thèmes (innovation, performance industrielle, etc.) pour renforcer nos fournisseurs, qui déploient les actions dans leur entreprise. Des partenaires institutionnels soutiennent la démarche, en financent une partie, et conduisent certains volets. Des consultants interviennent chez les fournisseurs pour les accompagner dans le déploiement des actions ».

ERPO, fournisseur de Continental, a participé à cette grappe depuis le début. « En recherchant des solutions innovantes pour le groupe de progrès Usine du futur – Robotisation, nous avons identifié le besoin de nous structurer pour pouvoir répondre à des appels d’offres plus conséquents. Nous avons donc fait le choix de mettre en commun nos ressources et nos savoir-faire avec une autre PME de la grappe et avons alors créé une GME (groupement momentané d’entreprises) afin de mutualiser nos compétences » précise Dominique MERCIÉ, Directeur Général d’ERPO.

Voir la présentation de Continental et ERPO

La performance industrielle : bilan 2017 et évolution depuis vingt ans

L’Enquête de Performance Industrielle permet de donner une bonne vision de la santé industrielle de la filière et de son évolution depuis 20 ans (100 000 données collectées). Elle repose sur 16 indicateurs qui couvrent 5 domaines : la qualité/satisfaction client, les coûts, l’efficacité d’exploitation, l’implication des hommes et la préparation de l’avenir. Elle offre aux entreprises un benchmark précis et gratuit leur permettant de s’étalonner et d’identifier les plans de progrès ; elle fournit à la filière automobile un instrument de mesure afin de décider des actions vers les entreprises ; elle permet également aux pouvoirs publics de disposer d’un baromètre pour mobiliser et prioriser les moyens de financement.

En 2016, nous constatons une augmentation du chiffre d’affaires de 5 %, des effectifs stables avec une augmentation des intérimaires de 17 %. La performance globale (% d’écart à l’objectif sur les 16 indicateurs) des entreprises de la filière est en progression continue depuis 20 ans, malgré une légère dégradation cette année, avec une forte dispersion entre les sites (25 % sont proches de l’excellence, 25 % en route vers l’excellence, 25 % proches de la moyenne et 25 % en réelle difficulté). Sur l’ensemble, la performance des groupes est bien positionnée, alors que les PME accusent encore un certain retard, plus important que celui des ETI. La qualité satisfaction clients est en amélioration (grâce à l’amélioration des coûts rebuts) ; l’optimisation des coûts se poursuit (CA/personne et VA/personne) ; l’efficacité d’exploitation se dégrade (souvent lié à une désorganisation du fait de la hausse des volumes) ; la préparation de l’avenir s’améliore (en particulier du fait des investissements en formation, malgré une baisse des investissements) ; l’implication des hommes se dégrade. Les points d’amélioration identifiés sont la qualité (retours clients), le taux de service et l’investissement. Quant au Lean (excellence opérationnelle), il est aujourd’hui assez largement déployé dans les entreprises de la filière et on constate un écart de 20 points dans les résultats entre les entreprises qui le pratiquent et les autres.

En conclusion, la filière sait être performante (10 % des sites sont à l’excellence) ; les indicateurs qualité sont bons (60 % des sites en dessous de 20 ppm ; 50 % en dessous de 10 ppm) ; et les indicateurs de coûts progressent (+5 K€ de CA par personne ; +2 K€ de VA par personne). Les points de vigilance concernent la satisfaction client (20 % des sites à moins de 90 % de taux de service ;
20 % des sites sont encore au-dessus de 120 PPM, dont 10 % au-dessus de 300) ; les indicateurs RH (+0,2 points sur l’absentéisme ; -0,2 points sur les suggestions ; le taux de fréquence et taux de gravité en très légère amélioration) ; la maîtrise des équipements (50 % des sites à moins de 76 % sur le taux de rendement synthétique) ; les indicateurs de préparation de l’avenir (50 % des sites investissent moins de 3,4 % du CA ; 50 % des sites dépensent moins de 2 % de la masse salariale en formation) ; et l’agilité et la flexibilité des entreprises.

Les priorités au niveau de la filière :

–       Une action globale « Retour au nominal Qualité » : la maitrise du taux de service est un enjeu majeur compte tenu des tensions sur les volumes de production ; la maîtrise des PPM (en dessous des 100 à minima) sera aussi un standard dans la filière ;

–       La formation des ingénieurs process et des équipes maintenance dans le cadre d’usine digitalisée et la formation avec la réalité augmentée : la maintenance et l’amélioration des rendements machines sont des compétences clés à développer, surtout dans un contexte d’arrivée de nouvelles technologies liées à l’industrie du futur ;

–       Support et moyens financiers pour renforcer les actions sur les territoires autour de la formation (programme ACE) : la sécurité et l’implication des personnes restent un axe fort de travail ; il faut développer davantage le collaboratif et la formation ;

–       Un programme d’accompagnement de 2 x 60 ETI/PME, notamment sur les thèmes de l’efficacité d’exploitation (en collaboration avec BPI), afin de réduire les écarts de performance entre les PME, ETI et Grands Groupes.

Au niveau du territoire et des ARIA, il s’agira de développer les grappes d’entreprises, qui ont montré leur efficacité pour créer des synergies et du collaboratif entre les entreprises (qualité et taux de service et démarches Total Productive Maintenance – TPM) ; inciter les entreprises et les ARIA à investir dans les CMQA (Campus des Métiers et Qualifications Automobile) car c’est dans ces réseaux que vont se réunir ceux qui ont besoin de former leurs personnels et ceux qui offrent des solutions : promouvoir le programme « usines automobile du futur » disponible dans les régions avec l’implication de grands acteurs et accélérer les actions collectives des ARIA sur le thème de l’excellence opérationnelle.

Voir la présentation complète des résultats de l’enquête

Évaluation de la situation économique et financière des entreprises (2011-2015)

La Banque de France a réalisé une étude sur la base de 2 500 bilans d’entreprises de la filière automobile française.

Selon cette étude de la Banque de France, la taille moyenne des entreprises de la filière est supérieure à la moyenne de l’industrie française. Ces entreprises sont plus matures que la moyenne, avec un âge moyen du dirigeant plus élevé. L’évolution de l’activité, qui suit l’évolution de l’économie de manière amplifiée, a vu un retour à la croissance en 2014, accéléré en 2015, mais n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant crise. Selon l’analyse de la Banque de France (basée sur l’état des stocks et les carnets de commandes), les prochains mois devraient être favorables. La part de l’exportation a progressé régulièrement, mais on constate un tassement de ces exportations au sein de la filière hors constructeurs ; le taux d’exportation de la filière est aujourd’hui inférieur au taux moyen d’exportation de l’industrie française. Si les effectifs ont une tendance à la baisse, le recours à l’intérim s’est accru en 2015 pour répondre à la hausse de l’activité. Avec une augmentation de la valeur ajoutée, la profitabilité de l’industrie automobile (en particulier des constructeurs) s’est nettement améliorée pour se rapprocher de la moyenne de l’industrie française. Le taux de valeur ajoutée (VA/CA) de la filière hors constructeurs est supérieur à la moyenne de l’industrie nationale mais inférieur pour les constructeurs. La valeur ajoutée par salarié progresse nettement, mais reste inférieur à la moyenne de l’industrie. La faiblesse de l’investissement (en-deçà de la moyenne de l’industrie) entraine un vieillissement apparent des équipements. La structure financière des entreprises de la filière est de bonne qualité, le niveau d’endettement a fortement baissé et la trésorerie est très importante par rapport à la moyenne de l’industrie. Les vrais enjeux sont dans la productivité du travail, l’investissement et le rendement des facteurs de production.

En conclusion, sous l’impulsion des grands constructeurs, la filière a retrouvé croissance et profitabilité, en réalisant d’importants efforts sur les coûts de production, notamment de main d’œuvre.
Elle n’a pas encore réalisé un effort suffisant d’investissement. Tirée par les constructeurs, la reprise d’activité a été forte en 2015, mais semble se ralentir depuis mars 2016. La profitabilité d’exploitation se redresse, mais reste inférieure de 50 % à la moyenne de l’industrie Française. La filière, notamment « hors constructeurs », se montre moins dynamique à l’export dans la période récente et se situe en fin de période en retrait de la tendance industrielle nationale. Le rendement de la main d’œuvre augmente significativement, mais demeure inférieur de 38 % à celle de l’industrie. L’ajustement important des effectifs devrait se poursuivre du fait du rendement encore faible de la main d’œuvre et du poids comparativement élevé des charges de personnel dans la valeur ajoutée. L’effort d’investissement est insuffisant en regard des enjeux de profitabilité et du vieillissement apparent des équipements, notamment au sein du périmètre « hors constructeurs ». Les structures financières sont solides et autorisent le financement d’un nouveau cycle d’investissement

Voir la présentation de l’étude

 

A propos de :

PFA, FILIÈRE AUTOMOBILE & MOBILITÉS

Organisation d’intérêt collectif, la PFA a pour mission de consolider et développer les 4 000 entreprises, acteurs industriels de l’automobile et du transport routier en France, afin de les renforcer face à la concurrence internationale et aux exigences client et réglementaires toujours plus fortes.

La PFA construit une vision claire des grands enjeux de la filière en matière d’innovation, de réglementations, normes et standards, de compétitivité industrielle, de compétences et emplois. Elle en décline des actions, services et outils afin d’améliorer son efficacité globale ainsi que celle de chacun des maillons qui la compose.

La PFA s’attache en particulier à :

–       Animer la dynamique de l’innovation, moteur de croissance de la filière, en pilotant les programmes prioritaires et en facilitant la collaboration entre les différents acteurs

–       Être proactive dans les domaines des réglementations, normes et standards, au niveau national et international, pour donner aux entreprises de la filière les meilleures conditions pour se développer

–       Agir afin que l’industrie automobile, pourvoyeuse de solutions de mobilité, démontre son attractivité

–       Soutenir le développement des PME et ETI (management, international, performance, mutualisations…) en les accompagnant sur le plan stratégique ainsi que dans leurs démarches opérationnelles

–       Construire des relations de confiance durable et à améliorer la qualité des relations clients/fournisseurs afin de créer de la valeur pour chacun des acteurs

–       Anticiper les compétences pour les emplois d’aujourd’hui et de demain, en améliorant l’adéquation entre les besoins et les formations, offrant ainsi de vraies opportunités de développement pour les hommes et femmes et futurs employés de notre industrie.